Epigénétique et Tao
Vous avez entendu parler du Cortisol, l’hormone du stress. Ok, très bien, d’ailleurs c’est assez facile : il est partout dès que ça commence à chauffer un peu !
Mais que faire ensuite pour réguler son énergie, fluidifier ses émotions et mobiliser les « bonnes » hormones grâce aux connaissances en épigénétique développées depuis les années 1980 ?
Besoin d’un rappel sur l’hormone du stress ? Article à lire ici : https://shorturl.at/2jsZ2.
Rétablir son équilibre énergétique ?
Pour mieux appréhender le principe énergétique et comment nous réagissons aux évènements de la vie, regardons de manière un peu plus approfondie comment fonctionne notre organisme.
Dans les arts taoïstes, nous parlons classiquement d’énergie interne, le Qi. Ce terme est souvent obscur ou mal compris par les personnes non initiées à ces pratiques. Nous sommes plus habitués en occident à parler d’émotion. Et de son côté la médecine utilise la notion d’hormones pour expliquer le fonctionnement organique.
Qi, émotions, hormones : si différents ?
Si l’on examine un peu plus profondément le sens de chacun des trois notions, Qi, émotions, hormones, nous constatons qu’il s’agit exactement de la même notion, décrite de trois points de vue différents.
Le Qi, c’est le mouvement

Le Qi porte la notion de circulation. L’idéogramme chinois Qi traduit « la vapeur qui émane d’une céréale en cuisson ». Un mouvement ascendant sous l’action d’un feu, d’une transformation, illustrée notamment par la loi d’engendrement du Yin/Yang.
L’émotion, ça remue à l’intérieur
Emotion, de la racine latine « Ex Movere » ou « Emovere » : se mouvoir sous l’action d’une force extérieure, décrit un mouvement. Avoir une émotion, c’est recevoir une impulsion de mouvement suite à la perturbation de l’homéostasie (équilibre biologique interne).
L’hormone met en mouvement
L’hormone, de la racine grecque « ὁρμάω » : se mettre en mouvement, décrit une substance produite par le corps sous la stimulation du système endocrinien dans le but d’agir sur le fonctionnement organique interne. L’hormone, c’est la mise en action organique.
Une usine réglée comme une montre suisse !

Le système endocrinien contient un grand nombre de d’organes et de cellules qui produisent et/ou libèrent ces molécules chargées de coordonner le fonctionnement des différents organes.
Le système endocrinien produit une substance chimique en réponse à une stimulation. Chaque substance créée par les glandes endocrines peut circuler dans le milieu où elle est sécrétée ou circuler par voie sanguine sur des récepteurs spécifiques.
Hypophyse
La glande principale du système endocrinien est l’hypophyse. Située à la base du cerveau, elle fabrique et contrôle les hormones chargées de la croissance, le métabolisme, la production du lait après la naissance, les menstruations, la production de l’œstrogène et de la testostérone, le taux de stéroïdes. Elle contrôle aussi la production des hormones par d’autres glandes endocrines.
Hypohalamus
L’hypothalamus réagit aux changements et régule les taux d’hormones en collaboration avec l’hypophyse. L’hypophyse et l’hypothalamus contrôlent ensemble le système endocrinien et les taux d’hormones.
Corps pinéal
Nous avons ensuite le corps pinéal situé en profondeur dans le cerveau qui fabrique la mélatonine chargée de réguler le sommeil.
Thyroïde et parathyroïdes
La thyroïde, située à la base du cou, fabrique les hormones impliquées dans plusieurs fonctions comme la croissance et le métabolisme. Elle gère également le taux de calcium dans le corps.
Les parathyroïdes, situées juste derrière la thyroïde fabriquent et libèrent la parathormone (PTH) intervenant dans le taux de calcium dans le sang.
Thymus
Le thymus, situé dans la partie supérieure du thorax appartient au système lymphatique et au système immunitaire.
Surrénales
Les glandes surrénales, situées au-dessus de chaque rein, sécrètent plusieurs hormones chargées de contrôler le métabolisme, la fréquence cardiaque, la pression artérielle, les équilibres hydrique (eau) et sodique (sel). Elles interviennent aussi dans la production de l’œstrogène et de la testostérone.
Pancréas
Le pancréas, situé sous l’estomac entre le foie et la rate, fabrique des enzymes aidant à la digestion de la nourriture, et des hormones impliquées dans la régulation de la glycémie.
Ovaires
Les ovaires font partie de l’appareil reproducteur de la femme, ils fabriquent l’œstrogène et progestérone.
Testicules
Les testicules font partie de l’appareil reproducteur de l’homme, ils fabriquent les spermatozoïdes et la testostérone.
Système endocrinien
Les cellules neuroendocrines sont réparties dans tout le corps et agissent comme des neurones (cellules nerveuses) et réagissent aux signaux en produisant des hormones.
Cœur et reins
Le cœur et les reins jouent un rôle dans le système endocrinien en contrôlant la pression artérielle et la quantité de sang dans le corps. Les reins régulent la quantité de Calcium absorbé par le corps.
Epigénétique : pour complexifier encore un peu le tout

L’épigénétique a été inventée par Conrad Waddington en 1942 afin d’étudier les mécanismes d’interaction entre les gênes et l’environnement donnant naissance au phénotype, c’est-à-dire les caractères physiologiques et morphologiques d’un individu.
L’épigénétique est revenue sur la scène de la recherche scientifique en 1980, notamment mise en avant par le scientifique Joël de Rosnay.
Cette branche de la biologie génétique permet de comprendre la manière dont nos habitudes de vie influencent directement le fonctionnement de notre systèmes endocrinien, c’est-à-dire l’ensemble des glandes qui produisent les hormones.
Comme nous l’avons vu, les hormones régulent l’énergie, le stress, le métabolisme, le sommeil, l’humeur ou encore la vitalité. Contrairement à une idée répandue, notre ADN n’est pas un destin figé : l’épigénétique décrit des mécanismes biologiques qui modulent l’expression des gènes sans modifier leur structure. En pratique, cela signifie que certains gènes impliqués dans la production hormonale ou dans la sensibilité des récepteurs peuvent être activés, freinés ou mis en veille selon notre mode de vie.
Techniquement, ces mécanismes reposent sur les modifications des histones (méthylation) qui agissent comme des interrupteurs biologiques.

- Le stress chronique favorise par exemple une activation épigénétique excessive des voies du cortisol, ce qui finit par dérégler l’axe du stress, perturber le sommeil, la thyroïde et les hormones sexuelles.
- L’alimentation joue également un rôle central : les excès de sucre, les carences en micronutriments ou l’inflammation chronique modifient l’expression de gènes liés à l’insuline et au métabolisme, tandis qu’une alimentation équilibrée soutient une régulation hormonale plus fine.
- Le manque de sommeil altère lui aussi l’épigénétique des rythmes hormonaux, désorganisant durablement la sécrétion du cortisol et de la mélatonine.
- À l’inverse, l’activité physique régulière induit des modifications épigénétiques bénéfiques, améliorant la sensibilité hormonale et la capacité d’adaptation de l’organisme.
Ainsi, l’épigénétique constitue un véritable pont entre nos comportements quotidiens et notre équilibre hormonal : chaque choix de vie envoie un signal biologique qui influence la manière dont nos gènes s’expriment et, par conséquent, la qualité de notre régulation endocrinienne.
Pratiques taoïstes et régulation hormonale

Il suffit de pratiquer quelques minutes par jour certains enseignements taoïstes pour constater l’effet direct observer sur la régulation émotionnelle et hormonale que cela engendre sur le fonctionnement du corps :
- Amélioration du sommeil
- Fluidité émotionnelle
- Réponse immunitaire
- Qualité de l’alimentation
- Energie corporelle
- Etc.
Et en particulier, s’il fallait retenir un point commun à ces approches si différentes en apparence, ce serait celui de l’habitude.
La force de l’habitude
Il s’agit d’abord de prendre une nouvelle habitude, la plus insignifiante possible. Cette nouvelle habitude s’installe dans le quotidien et s’étoffe jusqu’à devenir un vrai rituel de vie incontournable.
C’est l’expression tout à fait moderne née dans les start-up de la Silicone Valley américaine :
« Fake it until you make it »
« Faites semblant de savoir faire jusqu’à ce que vous sachiez le faire vraiment »
En conclusion
Dans toute nouvelle pratique -corporelle, mentale, émotionnelle-, toute la force de la première action n’est pas la réussite -l’obtention d’un résultat probant-, mais la prise d’habitude, qui commence à installer dans le programme épigénétique la mise en place de libération de ces hormones qui, à leur tour, commenceront à engendre à toute petite échelle un premier changement organique fonctionnel plus ou moins imperceptible, et qui, par la force justement de l’habitude, deviendra conséquent et apporteur d’une réelle transformation profonde.
Pour éviter alors cette chamade hormonale, émotionnelle, énergétique, donc en fait cette sensibilité chaotique à toute modification de l’environnement, c’est la force du rituel qui apporte cette stabilité et cette densification de l’Etre (cf Gérard Chaput, ed. pippa, 2017).