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Auteur/autrice : taoyinnormandie@gmail.com

Une énergie secrète – Influence du mois de décembre 2025

Bâtir dans le silence

L’énergie du mois du décembre 2025 nous parle d’une énergie secrète à cultiver, d’une stratégie à construire dans le silence.

L’année Yi Si :

  • Le pilier du Mois Yi Si est le 42ème pilier du système Jia/Zi.
  • La tige céleste est Yi, Bois Yin, « La petite végétation ».
  • La branche terrestre est Si, Feu Yin, « le Feu domestique ».
  • Le pilier Yi Si est appelé « Serpent qui sort du nid ».

Yi Si : l’influence de l’année est Yin dans le tronc céleste (Yi) et en apparence également Yin dans la branche terrestre (Si). Mais seulement en apparence, car l’énergie des troncs célestes cachés est yang : Bing = Feu Yang ; Wu = Terre Yang ; Geng = Métal Yang. Une énergie secrète se prépare.

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Ces troncs cachés annoncent l’influence de ressources puissantes, ancrées, innovantes, mais aussi quelques peu brutales et sans concessions.

Cette ressource soutient le développement de Yi, la petite végétation, à condition qu’elle ne l’épuise pas. Yi, symbole de la créativité -mais aussi de la dispersion- est propice cette année à l’affirmation de l’identité, du rayonnement de soi ; mais cette petite végétation rencontre aussi la rudesse de son environnement. Il ne s’agit pas là des hautes tiges fleuries dans la prairie mais plutôt de la bruyère et du jonc arides de la haute montagne. La prudence est de mise.

Le pilier Yi Si correspond au « serpent qui sort du nid » ou « feu sous la cendre ». C’est une énergie secrète, intérieure qui ne se révèle pas tout de suite. L’énergie de l’année 2025 nous invite à faire preuve de stratégie pour révéler ses capacités et passer de la latence à l’activation. Le Bois révèle son intelligence avec la subtilité du Serpent, identité de l’énergie secrète. Dans son expression il apporte la nouveauté et de nouvelles compréhensions « illuminations ». C’est une intelligence souple et non frontale, mais qui peut sortir avec la vivacité et l’impulsivité du Serpent.

Le mois Wu Zi « rat du grenier »

  • Le pilier du Mois Wu Zi est le 25ème pilier du système Jia/Zi.
  • La tige céleste est Wu, Terre Yang, « La Montagne ».
  • La branche terrestre est Zi, Eau Yang, « L’Eau déferlante des océans ».
  • Le pilier Wu Zi est appelé « Rat du grenier ».

La branche Zi est la Richesse Indirecte du Pilier, L’eau circulant entre les montagnes y dessine et structure le paysage. Au passage, elle érode aussi la roche. De son côté, la montagne conduit la circulation de l’eau et permet, au passage de favoriser l’irrigation des cultures et l’alimentation des moulins. La circulation du Qi n’est pas naturelle, elle doit se frayer son chemin. Ce qui bénéficie à l’un se fait au détriment de l’autre.

D’un autre côté, le Tronc Céleste Caché Gui a une polarité inverse de celle de la branche. Gui « eau fine des nuages et des pluies » apporte à la montagne humidité et rafraîchissement, favorables aux cultures. Le rapport entre la tige céleste et la branche terrestre est un rapport favorable et fructueux.

« Rat du grenier » traduit cette notion favorable de réserve, lieu de stockage. Il s’agit de l’eau (ressource) cachée dans un espace de terre structurée (entrepôt, grenier). Le rat du grenier a accès à une réserve cachée : grande mémoire, intelligence cachée, énergie secrète. Il agit en coulisses plutôt qu’en surface. En surface il est calme, en profondeur il est intense. Prudent et observateur, il sait garder ses informations en réserve (relations, connaissances, argent…). L’énergie du mois du décembre 2025 nous met en lien avec nos ressources, un temps de retenue et d’observation .

Attention, cela peut aussi engendrer des doutes, restreindre la capacité d’expression et ralentir l’action par manque de spontanéité ou d’enthousiasme.

« Terre du sable » : La vibration du Na Yin indique une terre granuleuse, instable et friable. Elle correspond au potentiel à structurer, la naissance de quelque chose qui va devenir plus solide plus tard. C’est un Na yin de préparation qui organise et rationnalise. Il a à la fois la possibilité de renforcer mais aussi de s’effondrer. Il a donc besoin de soutien extérieur pour le consolider (charpente).

Duo année Yi Si et mois Wu Zi

Dans ce Duo, la tige céleste du mois Wu vient en Richesse Directe de la tige céleste de l’année Yi, lui apportant un soutien solide pour croître ; étant humidifiée par sa branche terrestre Gui, Wu est d’autant plus soutenante pour Yi.

Le jeu des quatre éléments Yi (Bois), Si (Feu), Wu (Terre), Zi (Eau) apporte un jeu harmonieux à la fois soutenant et stimulant. Les ressources s’opposent entre l’expression (Si, Feu) et la retenue (Zi, Eau). La tentative de clarifier ce qui est flou.

L’énergie du mois du décembre 2025 indique une période où il est bon de bâtir dans le silence

  • Maintenir son énergie secrète
  • Préserver en profondeur
  • Clarifier ce qui est encore flou
  • Réserver une expression intelligible et stratégique au moment venu
  • Organiser la pensée : structurer, préparer et donner du sens

Ainsi, le moment venu, l’énergie sortira avec clarté et apportera toute sa valeur. C’est un duo puissant et complexe, très intérieur, très profond, mentalement riche.

Une Musique-Humaine – le chant diphonique inscrit à l’UNESCO

Le chant diphonique : quand la voix devient « Musique-Humaine »

Dans le Tao, le Qi désigne l’énergie interne, vitale, et aussi le souffle. La qualité du souffle, de la respiration, de la voix, est une excellente indication sur le niveau de qualité du Qi, de l’énergie interne. Avec le chant diphonique, le souffle devient une Musique-Humaine.

« je suis essoufflé », « à bout de souffle », « perdre son souffle », rendre son dernier souffle » sont autant d’expression qui relient le souffle à l’énergie interne, au Qi.

Dans cet article, nous allons explorer une pratique originale centrée sur le travail du souffle sous une forme bien particulière : la vibration de notre voix.

Le chant diphonique mongol, le Khöömii, est reconnu depuis 2009 par l’UNESCO comme patrimoine culturel et immatériel de l’humanité.

La pratique du chant diphonique est un réel Qi Gong ou plutôt même Nei Gong : « Travail, étude, intérieur ».

Qu’est-ce que le chant diphonique (Khöömii) ?

Le terme Khöömii signifie littéralement larynx. Rien que cela dit déjà beaucoup : ce chant ne se fait pas « avec la gorge » au sens banal, mais avec toute l’architecture interne du cou, du souffle et de la cavité buccale.

Diphoner, c’est donc

  • produire un bourdon continu (une note de base)
  • faire résonner une mélodie d’harmoniques, comme un sifflement, un son de flûte qui flotte dans l’air.

Exemple de pratique de chant diphonique : https://youtube.com/shorts/edxR2Had7X8?si=RyV1o_FqpPGxzTcx

Techniquement, cela consiste à jouer avec :

  • la pression du souffle,
  • la forme du pharynx,
  • la position de la langue,
  • l’ouverture des lèvres,
  • et parfois même la résonance nasale.

Énergétiquement, cela peut se traduire par :

  • Condenser le Qi par la vibration de base
  • Raffiner le Qi dans les harmoniques

Une constellation de maîtres… comme une lignée de Qi Gong

Le texte d’archives trace une véritable généalogie du Khöömii à travers la Mongolie :

  • Dans l’aïmag de Khovd, les maîtres Chuluun Dagva et Derem ont transmis à Tsedee, Sundui, Sengedorj, Tserendavaa, Ganbold, etc.
  • Dans l’aïmag d’Uvs, l’art est passé par Toivgoo, puis Lxagva, Otgonkhuu et d’autres.
  • Dans l’aïmag de Zavkhan, on croise un chaman célèbre, Undur Kharchuu, puis Renchin « Voix de flûte », Jigmed, ses enfants et son petit-fils Sandagjav.
  • On le retrouve ensuite à Oulan-Bator, porté par des chanteurs originaires de l’Ouest, revenus apprendre auprès des maîtres des monts Altaï.

Ce n’est pas seulement une liste de noms : c’est une cartographie de Qi, un réseau de transmission, comme une lignée de Qi Gong.

Chaque maître :

  • adapte la technique à son corps, à sa sensibilité,
  • colorise la tradition avec sa région, son clan, son environnement,
  • et pourtant, le cœur énergétique reste le même : souffle, vibration, lien à la nature.

Deux grandes familles

Les chercheurs distinguent deux grandes familles de Khöömii :

Kharkhiraa ou Kargyraa : la voix est râclée, les vibrations sont très basses, telluriques. Ces sont engendrent un travail puissant sur le système de l’Eau, l’énergie des Reins. Il renforce l’ancrage et active l’énergie dans la zone périnéale. Cette technique est notamment utilisée par les moines bouddhistes pour donner de la puissance à la récitation des mantras.

Khöömii ou Isgeree : la voix gorgée qui produit un bourdon moyen ou aigüe, les harmoniques produites sont plus cristallines, comme un sifflement. Les sons se dirigent vers la région du cœur, de la gorge et de la tête. Les harmoniques sont plus raffinées.

Les deux styles sont très différents et complémentaires.

Khöömii, patrimoine immatériel

L’UNESCO insiste sur plusieurs points :

  • Le Khöömii est intimement lié à la vie quotidienne : ce n’est pas un art coupé du réel, c’est une façon d’être relié au monde, à la nature.
  • C’est un vecteur d’identité et de cohésion : il donne un sentiment d’unité et de continuité.
  • Il est pédagogique : à travers sa transmission, on transmet aussi une vision du monde, une sagesse de la relation homme–nature.

Le chant diphonique, Musique-Humaine, agit comme une pratique de régulation du Qi collectif, une ouverture à l’invisible, au paysage vibratoire. Il support le Shen et ouvre la conscience grâce à la vibration. Il entretient la mémoire du lien au vivant à travers la tradition qu’il porte en lui.

Malgré les effets de la modernisation qui tendent à faire disparaitre cette pratique ancestrale, le travail de recherche mené par TRAN QUANG Hai depuis les années 1970 et la reconnaissance de l’UNESCO comme patrimoine culturel et immatériel de l’humanité grâce au travail de Johanni Curtet ont permis à cet art vocal de perdurer et d’être transmis au-delà des frontières de foyer de naissance.

Que peut nous apporter le chant diphonique dans une pratique énergétique ?

Cette question ne se pose pas pour un pratiquant car la réponse en est évidente. Mais essayons d’identifier quelques-uns de ses principaux bénéfices :

Réhabiliter la voix dans le travail énergétique : la voix n’est pas un détail dans la clarification du Qi, c’est un vecteur primordial.

Clarifier la voix : alors que le travail de la voix est souvent cantonné au chant mélodieux, le chant diphonique apporte cette dimension vibratoire qui transcende l’art vocal pour atteindre une dimension sacrée du chant. Il n’est pas nécessaire de savoir chanter pour pratiquer le chant diphonique, mais grâce au chant diphonique il est possible d’explorer autrement sa voix et d’en améliorer la mélodie, les tonalités, autrement dit, d’apprendre à chanter grâce au chant diphonique.

Se relier au vivant : devant un arbre, face à la mer, en plein vent, face à un grand paysage… toute occasion devient un moment sacré pour se relier à la vibration de la nature par sa propre vibration.

S’inscrire dans une transmission : grâce à l’héritage des transmissions, aux nombreuses musiques mongoles, c’est l’occasion de se relier et de s’inscrire dans une dimension intemporelle de pratique et de transmission.

Musique-Humaine

Les Mongols appellent parfois le chanteur de Khöömii : « Musique-Humaine ».

C’est peut-être l’un des plus beaux noms qu’on puisse donner à un être humain qui cultive son souffle.

Dans la province du Tuva, le Khöömii est appelé la « pratique des gens heureux ». N’est-ce pas la plus belle définition que l’on peut en donner ?

En savoir plus sur les enseignements du chant diphonique au sein de l’institut Wu Ming Gen : Khöömii – Institut Wu Ming Gen

Source : Khöömii nomination extract for UNSECO Intangible Cultural Heritage 2010, Tran Quang Hai Blogspot, 2nd January 2013.